En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. En savoir plus et gérer ces paramètres. x
A- A A+

Menée auprès de 225 patients, notre enquête révèle que l’impact du cancer colorectal sur la qualité de vie varie non seulement selon le type de cancer (côlon/rectum, métastatique/non métastatique), mais également selon le sexe et l’âge au moment du diagnostic.

Entre 2014 et 2015, l’association France Côlon a mené, auprès de 225 patients, une enquête nationale « Vivre avec un cancer colorectal » (âge moyen 60,7 ans ; 50,7 % de femmes).
Si la situation est globalement satisfaisante, l’analyse des réponses montre que de nombreux problèmes persistent : découverte tardive de la maladie, annonce du diagnostic brutale, difficultés financières, relations difficiles avec l’entourage personnel et professionnel, fort impact de la maladie sur la vie de couple, etc. Les femmes, les patients qui travaillent et ceux atteints de cancer du rectum sont particulièrement exposés à ces difficultés.

Une maladie aux symptômes mal identifiés comme potentiellement graves
Dans notre enquête, 18 % des répondants ont découvert leur maladie après une hospitalisation en urgence et 34 % ont attendu plus de 6 mois après le début des symptômes pour consulter. Ainsi, la moitié des répondants ont découvert un cancer déjà avancé (50 % de cancers métastatiques), en particulier chez les hommes et lors de cancer du côlon, moins symptomatique que le rectum.

Une annonce du diagnostic à améliorer malgré les recommandations officielles
Dans notre enquête, 40 % des répondants ne sont pas satisfaits de la manière dont leur cancer colorectal leur a été annoncé, en particulier chez les femmes. Plus de la moitié des patients l’ont appris hors de la présence d’un proche, en particulier lors de cancers métastatiques (64 % des répondants).

Internet, plébiscité comme source d’information complémentaire
Concernant les sources d’information complémentaires sollicitées après l’annonce du diagnostic, les sites internet sont cités en premier (48% des répondants, 57 % des patients avec un cancer du rectum) avec un fort taux de satisfaction (83 %). La deuxième source d’information est le médecin généraliste (36 % des répondants, 82 % de satisfaction). Les pharmaciens sont peu consultés (7 %) avec un faible taux de satisfaction (40 %).

Des progrès à faire dans la prise en charge psychothérapeutique et l’activité sportive adaptée
Seulement 17 % des répondants ont eu recours à un professionnel de la santé psychique (davantage chez les femmes et les moins de 65 ans). La prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques est peu fréquente (11 % en moyenne, 15 % chez les femmes). Pourtant 46 % des femmes et 31 % des hommes attendent un soutien psychologique de la part de France Côlon.
Sur le plan de l’APA, connue pour aider à tolérer les chimiothérapies et réduire sensiblement le taux de récidive du cancer colorectal, 31 % seulement des patients la pratiquait, dont seulement 2 % avec un coach formé pour cette activité.

Une qualité de vie satisfaisante mais inégale selon les patients
Notre enquête montre que la qualité de vie des patients est plutôt bonne (1,35 sur 4, 0 étant le meilleur score possible), en ligne avec celle observée dans d’autres types de cancer. Le score de qualité de vie le plus médiocre touche la vie sexuelle (1,82) et le meilleur les interactions avec les professionnels de santé (0,87).
Néanmoins, la qualité de vie des femmes est significativement moins bonne que celle des hommes (1,33 vs 1,02 ; p=0,001), en particulier en termes de relations avec la famille et les amis, et de vie professionnelle (1,63 vs 0,96 ; p=0,0003). Les femmes sont également plus vulnérables aux difficultés financières, comme le sont les patients professionnellement actifs.
Les patients atteints d’un cancer du rectum métastatiqueont le score de qualité de vie physique (symptômes, douleur, énergie, autonomie) le plus mauvais de l’enquête (2,1).
Enfin, la fatigue, l’imprévisibilité des selles et la dégradation de l’image de soi s’associent pour impacter négativement la vie professionnelle et amoureuse, avec plus de la moitié des patients qui signalent une forte dégradation de leur vie sexuelle.

Cette enquête a été possible grâce au soutien financier de la Fondation Roche, à celui des services hospitaliers d’oncologie digestive qui ont accepté de distribuer le questionnaire et à Epidaure, le département de prévention de l’Institut régional du cancer de Montpellier (questionnaire Qualité de vie).

Pour consulter les résultats complets de notre enquête nationale