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La coloscopie (ou vidéocoloscopie) est un examen complémentaire au cours duquel le médecin gastro-entérologue examine la surface interne du côlon (gros intestin) et du rectum en s’aidant d’un tube souple équipé d’une source lumineuse, d’une fibre optique et d’outils permettant de faciliter sa progression dans l’intestin et d’effectuer de petites interventions chirurgicales. Son intérêt est l’absence d’utilisation de rayons X et la vision directe des éventuelles lésions. En pratique, comment se passe une coloscopie ?

La préparation de la coloscopie

La coloscopie nécessite une préparation particulière pour s’assurer que la paroi du côlon n’est pas masquée par des matières fécales ou des résidus végétaux : régime alimentaire sans résidus pendant 24 heures à plusieurs jours, et administration d’une substance (la « préparation colique ») et d’un fort volume d’eau qui vont provoquer une diarrhée non douloureuse qui va « laver » le côlon. Le respect scrupuleux des consignes de préparation est essentiel pour le succès de la coloscopie. Un côlon « sale » réduit l’efficacité de la coloscopie, voire oblige à reporter l’examen à une date ultérieure.

Comme le précise Carole, patiente : « Il faut faire une bonne préparation, c’est essentiel. Il faut suivre les conseils de son médecin et le faire comme il faut. Ce n’est pas très agréable, mais cela évite de devoir refaire une coloscopie. »
De plus, parce qu’une anesthésie générale est nécessaire, le patient doit être à jeun depuis la veille au soir (ni aliments, ni boissons, ni tabac, hors préparation colique).

L’anesthésie générale est nécessaire à la coloscopie

Dans plus de 95 % des cas, la coloscopie nécessite une anesthésie générale (l’examen du rectum peut éventuellement se faire sans anesthésie générale). Il est donc nécessaire de  rencontrer un anesthésiste quelques jours avant l’examen pour une consultation de pré-anesthésie. C’est le moment de signaler tous les traitements que l’on prend (y compris ceux disponibles sans ordonnance ou les compléments alimentaires).

La consultation obligatoire chez le gastro-entérologue permet au patient de recevoir toutes les explications qui lui paraissent nécessaires, une fiche de recommandations pour la préparation de l’examen, ainsi qu’une fiche d’information concernant la coloscopie et un formulaire de consentement éclairé. Ce dernier document doit être rapporté signé le jour de la coloscopie.

Pour la coloscopie, l’anesthésie est généralement pratiquée à l’aide d’une substance particulière injectée par perfusion et qui, une fois éliminée du corps, assure un réveil rapide qui permet de rentrer chez soi (accompagné ou en VSL) après une à deux heures de surveillance.

Dans certains centres médicaux, l’injection du produit anesthésique est précédée d’une séance d’hypnothérapie conversationnelle : une infirmière formée à cette pratique accompagne le patient en lui suggérant des exercices de visualisation (des scènes agréables que le patient connaît). Cet exercice permet au patient de se détendre avant l’anesthésie et contribue à un meilleur endormissement et à un réveil dans de meilleures conditions.
Michelle, patiente, précise : « Avec la visualisation de scènes agréables, je me suis endormie tout doucement et je me suis réveillée calme et détendue. »

Les instruments de la coloscopie

Pour pratiquer une coloscopie, le médecin utilise un tube souple de 1 cm de diamètre, le coloscope (ou endoscope, ou fibroscope), d’une longueur allant de 1,3 à 1,5 mètres. À l’extrémité du tube sont positionnées une source lumineuse et une ou plusieurs caméras vidéo miniaturisées. À l’intérieur du tube se trouvent :

  • un canal destiné à insuffler de l’air ou du dioxyde de carbone (gaz carbonique) ;
  • un canal destiné à aspirer l’air ou les liquides, voire à injecter du liquide pour nettoyer la surface du côlon ou la caméra vidéo, et qui permet de passer les instruments chirurgicaux (par exemple, une pince à prélèvements ou une anse pour enlever un polype, ou pour coaguler un petit vaisseau sanguin abimé par le prélèvement).

Un système de commande situé à l’extrémité extérieure de l’endoscope permet au médecin de faire pivoter la tête du coloscope dans toutes les directions pour aider sa progression en suivant les courbures de l’intestin. La rigidité du tube peut être modifiée par le médecin (plus ou moins souple), ce qui l’aide à faire remonter le coloscope le long du côlon, en particulier dans les courbures de celui-ci.
Entre chaque patient, le coloscope est désinfecté puis lavé en machine. L’ensemble des accessoires utilisés est stérilisé ou jeté (dans le cas de matériel à usage unique). Ces procédures sont destinées à prévenir d’éventuelles transmissions de micro-organismes infectieux entre patients.

 

Le déroulement de la coloscopie

Une fois le patient endormi et placé sur le côté gauche ou sur le dos, le médecin gastro-entérologue introduit le coloscope dans le rectum par l’anus. Ensuite, le médecin fait remonter le tube le long du rectum puis du côlon, jusqu’à parvenir à l’extrémité du côlon (cæcum, là où s’abouche l’intestin grêle). Il visualise la progression sur un écran vidéo et peut s’aider en injectant un peu d’air ou de gaz carbonique.

Une fois le coloscope parvenu à destination, l’examen visuel du côlon peut commencer. Il se déroule donc en retirant progressivement et lentement le coloscope. À ce stade, le médecin insuffle une plus grande quantité d’air ou de dioxyde de carbone pour déplisser le côlon et voir ainsi ses parois. Les sensations de ballonnement ressenties après une coloscopie sont dues aux gaz insufflés. Le médecin essaie d’en aspirer le maximum en fin d’examen, mais il peut en rester néanmoins une quantité résiduelle. L’usage du dioxyde de carbone, plutôt que l’air, permet une résorption plus rapide des gaz et réduit les ballonnements après la coloscopie.

Dans certains cas particuliers, par exemple chez les personnes qui souffrent de syndrome de Lynch ou de polypose adénomateuse familiale, le médecin peut injecter un colorant dans le côlon, qui l’aidera à identifier les lésions qui ne sont pas en relief. On parle alors de « chromo-endoscopie ».
En l’absence de lésions de la paroi intestinale, l’examen complet du côlon et du rectum prend entre 15 et 20 minutes.

Que fait le médecin en cas de lésion du côlon ou du rectum ?

Lors de la coloscopie, le médecin peut visualiser des éléments anormaux de la surface interne (la « muqueuse ») du côlon et du rectum. Par exemple, une inflammation ou des lésions : ulcères, polypes, tumeurs, etc. Si nécessaire, il peut prélever un fragment de la surface du côlon (une « biopsie ») qui sera envoyé au laboratoire pour analyse microscopique.

Dans le cadre du dépistage et du suivi du cancer colorectal, la coloscopie permet d’identifier la présence de polypes, de tumeurs, de diverticules (de petites poches de la paroi), de malformation des vaisseaux sanguins ou d’inflammation de la muqueuse.

Un polype est une excroissance de la paroi interne du côlon ou du rectum. Il peut être plat, en relief ou en forme de champignon (avec un pied appelé « pédicule »). En général, les adénomes représentent les trois quarts des polypes. Leur taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres, qu’il est essentiel d’enlever avant qu’ils n’évoluent en tumeur cancéreuse. Au cours d’une coloscopie, le médecin enlève tous les polypes qu’il repère.

Pour y parvenir, le médecin introduit dans le canal du coloscope un outil appelé « anse diathermique ». Il s’agit d’une sorte de petit lasso avec lequel il va saisir le polype et le retirer en brûlant sa base : c’est la « polypectomie ». Lorsque le polype est plat, on dit qu’il est « plan», lorsqu’il est surélevé il est dit « sessile », et quand il présente un pied, il est dit « pédiculé ». Toute biopsie ou polype enlevé est adressé au laboratoire d’anatomopathologie pour être analysé.
Les manipulations chirurgicales faites à travers le coloscope (biopsie, polypectomie) ne sont pas douloureuses.

Après la coloscopie

Après l'examen, une infirmière s'assure de l'absence de saignements et de maux de ventre pendant environ une heure. Une surveillance de 24 heures peut être nécessaire lorsque des polypes volumineux ont été enlevés. Sinon, le patient prend une petite collation et rentre chez lui dans la journée. Michelle confirme : « Même si, du fait de ma colite chronique, j’avais des maux de ventre au réveil, une fois rentrée chez moi, tout était terminé. »

L’équipe médicale rédige un compte-rendu qui décrit les conditions de l’examen et les observations du médecin, ainsi que ses conclusions, et qui sera envoyé au médecin traitant.
Dès le lendemain de l’examen, vous pouvez reprendre vos activités professionnelles ou autres. Dans de très rares cas, des complications peuvent survenir (maux de ventre, saignements, fièvre). Devant tout symptôme anormal, consultez votre médecin.

Quel coût pour la coloscopie ?

Outre les consultations avec le gastro-entérologue et l’anesthésiste, qui doivent être réglées par le patient (puis remboursées par l’Assurance maladie et la complémentaire santé), la coloscopie, lorsqu’elle est prescrite par un médecin, nécessite le règlement d’une participation forfaitaire de 18 € qui peut être prise en charge par l’assurance complémentaire santé, sur présentation d’une facture acquittée.
Dans certains cas (affection de longue durée, couverture médicale universelle, invalidité, par exemple), cette participation forfaitaire n’est pas due.

Pour en savoir plus

« Référentiel de pratiques pour la prévention et le dépistage du cancer colorectal », Haute Autorité de Santé, juin 2013.
« Comment se déroule une coloscopie ? », L’Assurance Maladie, mai 2015.
« La coloscopie », Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE), 2009.

Consultez également nos articles :
-       La coloscopie : pour qui, pourquoi ?
-       Préparer sa coloscopie
-       La coloscopie virtuelle (coloscanner)

 

Cet article a été réalisé avec le soutien institutionnel du laboratoire Norgine Pharma.