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Les personnes qui souffrent d’un cancer se demandent souvent si elles doivent changer leurs habitudes alimentaires, pendant et après leur traitement. Cette question se pose d’autant plus chez les personnes atteintes de cancer colorectal, et dont l’intestin a été le siège d’une intervention chirurgicale.

Qu’est-ce que la dénutrition ?

On parle de dénutrition lorsqu’une personne a perdu au moins 10 % de son poids en six mois (sans le souhaiter !). Chez les personnes qui souffrent de cancer, la perte de poids est souvent une perte de la masse musculaire. Cette fonte des muscles se traduit par de la fatigue et des difficultés à effectuer les tâches de la vie quotidienne, la diminution des défenses immunitaires et un risque plus élevé d’infections, des troubles de la concentration et de la mémoire, des sentiments dépressifs, par exemple. Les périodes d’hospitalisation sont plus longues chez les personnes dénutries dont l’organisme a du mal à récupérer des interventions chirurgicales ou des cures de chimiothérapie.

Pendant le traitement, surveiller son poids et maintenir l’équilibre alimentaire

Quel que soit le type de cancer, l’essentiel en terme de nutrition est de veiller à ne pas perdre de poids et d’essayer de maintenir une alimentation équilibrée et variée. Par équilibre, on entend une alimentation qui apporte les différents types de nutriments en quantité appropriée : de l’eau à volonté, du pain et des féculents à chaque repas, des produits sucrés avec modération, des légumes deux fois par jour et des fruits deux fois par jour également, de la viande, du poisson ou des œufs une ou deux fois par jour, des matières grasses avec modération, des produits laitiers chaque jour, et du sel avec modération.

Lorsque l’alimentation est équilibrée et en quantité suffisante, il n’est pas nécessaire d’avoir recours aux suppléments de vitamines et de minéraux. Attention, il est important de ne pas enrichir son alimentation en substances dites « anti-oxydantes » (vitamine E, carotènes, flavonoïdes, etc.) car elles semblent augmenter le risque de cancer (en particulier du poumon et de la peau).

Le problème de la perte de poids pendant le traitement d’un cancer est particulièrement marqué chez les personnes âgées. La vigilance est de mise chez les patients de plus de 70 ans. Dans tous les cas, mieux vaut se peser deux fois par semaine, à la même heure et dans les mêmes conditions. Se peser plus fréquemment n’est pas utile.

Les traitements, source de perte d’appétit et de troubles intestinaux

Les traitements médicamenteux des cancers ont souvent un effet négatif sur l’appétit : diminution du goût et de l’odorat, nausées, vomissements, aphtes et irritations de la bouche et de la gorge, ainsi que de la fatigue qui peut interférer avec la préparation des repas.

Dans le contexte du cancer colorectal, le traitement chirurgical entraîne fréquemment des épisodes de diarrhée et des troubles du transit intestinal qui peuvent exiger une adaptation de l’alimentation (voir ci-dessous). Le traitement du cancer du rectum par radiothérapie (« rayons ») peut également avoir des effets de ce type.

Il existe des traitements pour soulager les nausées et les vomissements qui peuvent survenir après les cures de chimiothérapie. Les jours de cure, il est préférable de prendre un petit déjeuner consistant (par exemple, avec des céréales, du fromage, du jambon) pour compenser le manque d’appétit après la cure. Si des vomissements surviennent, il faut se souvenir qu’ils sont source de déshydratation et s’efforcer de boire de l’eau, des jus, des bouillons, des tisanes, etc. En cas de nausée, privilégiez les aliments froids et qui ont peu d’odeur.

Les douleurs de la bouche et de la gorge (« mucite »), effet indésirable de certaines chimiothérapies, peuvent nécessiter une adaptation de l’alimentation (aliments liquides, froids et peu acides), voire la prescription de compléments nutritionnels (des aliments enrichis sous un petit volume, disponibles sous forme de crèmes, jus, liquides, soupes, pâtes hyperprotéinées, etc.).

Contre la diarrhée, une alimentation pauvre en fibres non digestibles

Si vous souffrez d’épisodes de diarrhée, il peut être utile de modifier vos habitudes alimentaires pour réduire la quantité de fibres non digestibles ingérées chaque jour. Par exemple :

  • éviter de manger des fruits et des légumes crus. Mieux vaut les éplucher et les faire cuire. Côté légumes, privilégiez les betteraves, les carottes, les courgettes et les aubergines, les haricots verts très fins, la laitue cuite, les tomates, les pointes d’asperge. Côté fruits, préférez les pommes, les poires, les pêches, les bananes.
  • remplacer le pain par les biscottes, plus faciles à digérer. Mieux vaut éviter les céréales complètes et privilégier le riz blanc.

De plus, il est également préférable de :

  • ne consommer que des produits laitiers transformés de type fromages et yaourts (pauvres en lactose, le sucre du lait).
  • éviter les aliments et les boissons contenant de la caféine, qui accélère le transit intestinal : café, thé, chocolat, cacao, colas, etc.
  • se méfier des aliments acides : légumes dans le vinaigre, moutarde, jus de citron, sauce tomate, ainsi que des aliments épicés.

Petit à petit, il est possible d’identifier les aliments les moins bien tolérés et de les éliminer de ses habitudes alimentaires.

En cas de perte de poids, comment le récupérer ?

Pour reprendre du poids lorsqu’on n’a pas d’appétit, il faut enrichir la densité énergétique de son alimentation, c’est-à-dire augmenter le nombre de calories ingérées à volume de nourriture constant. Pour y parvenir, pensez à mettre du fromage râpé ou de la crème dans vos plats salés, ou mélangez-y un œuf battu, un petit suisse ou du fromage blanc entier.

De plus, votre médecin pourra vous prescrire des compléments nutritionnels adaptés à la reprise du poids. Attention, la part remboursée de ces suppléments est faible et leur prix est librement fixé par chaque pharmacien. Comparez les prix avant de les acheter.

Dans certains cas, une consultation avec un médecin nutritionniste est nécessaire pour parvenir à conserver son poids malgré la maladie et les traitements.

Le cas particulier des patients stomisés

Les patients qui ont subi une stomie (« anus artificiel ») doivent adopter un régime dit « sans résidus » pendant la période qui suit l’intervention chirurgicale : riz, pommes de terre vapeur, pâtes, pain grillé, biscottes, etc. Ce régime permet de diminuer le volume des selles.

Après la cicatrisation, une alimentation normale est progressivement reprise. Les aliments contenant des fibres sont progressivement réintroduits (fruits et légumes épluchés et cuits, puis crus et hachés). Ensuite les laitages sont réintroduits : successivement, yaourts, fromage blanc et petit-suisses, lait demi-écrémé, lait entier, fromages.