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Parce que la coloscopie est un examen visuel de la paroi interne du côlon (gros intestin) et du rectum, elle nécessite que l’intestin soit vidé de son contenu et que cette paroi soit propre. Ainsi, le médecin pourra en examiner la surface et détecter d’éventuels polypes (excroissances), mais également tout aspect anormal qui pourrait refléter une maladie particulière.
Pour « laver » son côlon et son rectum, il est nécessaire de suivre un régime particulier dit « sans résidus » pendant quelques jours, et de prendre un produit destiné à éliminer les matières fécales et les résidus végétaux (la « préparation colique »).
 
Pourquoi la préparation à la coloscopie est-elle si importante ?

Si les consignes de préparation ne sont pas respecté, des matières fécales ou des résidus végétaux persistent dans le côlon et le médecin ne peut pas visualiser correctement la paroi de l’intestin. L’examen dure plus longtemps et son efficacité à dépister les anomalies est réduite.
Dans certain cas, et malgré la possibilité de laver l’intestin localement via le canal de lavage du coloscope (le « nettoyage aspiration » ou « waterjet »), le médecin est obligé de cesser l’examen et doit le reprogrammer. C’est malheureusement le cas de 10 à 20 % des examens coloscopiques en France.
Outre les coûts inutiles engendrés (estimés à 35 millions d’euros en 2008 en France !) et l’impact sur le programme de rendez-vous de l’équipe, cette mauvaise préparation expose le patient à une anesthésie générale inutile et à un retard dans le diagnostic d’un éventuel problème digestif.


 
Le régime sans résidus

Le régime alimentaire dit « sans résidus » est destiné à  éliminer les fibres de l’alimentation, en particulier les fibres d’origine végétale : fruits, légumes, y compris les peaux, graines et pépins. Ce régime appliqué quelques jours avant la coloscopie réduit le volume des selles et ralentit le transit intestinal. Sa nature exacte et sa durée seront précisées par le médecin lors de la consultation pré-coloscopie. Pour Pierre, patient qui a déjà subi plusieurs coloscopies : « La période de régime sans résidus est très facile à supporter, ce n’est pas du tout gênant. »

Le régime sans résidus interdit :

  • tous les légumes, y compris les haricots, pois, lentilles, et les préparations contenant des légumes (soupes, par exemple) ;
  • tous les fruits y compris les fruits secs et les préparations contenant des fruits (y compris les jus, les confitures et les laitages aux fruits) ;
  • tous les aliments contenant des céréales complètes (pain complet, riz complet, pains spéciaux, son, etc.) ;
  • les boissons alcoolisées, le café turc (avec le marc), les jus de fruits avec pulpe.

Il autorise :

  • les viandes, les poissons, les œufs, le jambon cuit ;
  • le riz blanc, les pâtes, les pommes de terre sans la peau ;
  • les fromages à pâte cuite (gruyère, emmenthal, comté, beaufort, etc.) ;
  • le pain blanc, la semoule et les biscottes non complètes ;
  • les biscuits secs (sablés, petits beurres, etc.) ;
  • l’eau (au moins 1,5 litres par jour), les sodas, les sirops, le café (filtre ou à l’italienne), le thé, les tisanes, les bouillons de viande.

Certains médecins interdisent le lait, les laitages nature et les flans, d’autres non. Demandez l’avis de votre praticien.
Attention, évitez les médicaments ou les compléments alimentaires contenant du charbon activé ou du fer, et ce au moins une semaine avant la coloscopie.
 
La préparation colique : modalités et pratique

De nombreux produits existent pour « laver » le côlon avant une coloscopie. Ils sont regroupés dans deux familles selon leurs ingrédients :

  • les préparations coliques à base de PEG (polyéthylèneglycol ou macrogol) ;
  • les préparations coliques à base d’autres substances laxatives.

Dans les deux cas, associées à la prise de grandes quantités d’eau, ces préparations coliques sont destinées à provoquer des diarrhées non douloureuses qui vont vider le côlon de ses résidus et exposer ainsi sa paroi interne à l’examen coloscopique. Comme le précise Martine, patiente : « Le liquide que l’on boit sort naturellement, ce n’est pas un problème. Et plus on prend de liquide, plus les intestins sont propres. C’est important. »
Par ailleurs, il est indispensable d’arriver à la coloscopie à jeun (ne pas boire, ni manger, ni fumer, hors préparation colique) depuis la veille minuit pour un examen le matin, ou depuis 9 heures du matin pour un examen l’après-midi.
 
            Les préparations à base de PEG

Ces produits se présentent sous forme de sachets de poudre à diluer dans de l’eau en mélangeant bien. Du fait de la présence des substances actives, l’eau ingérée n’est pas absorbée par l’intestin et est éliminée sous forme de diarrhée, en emportant les matières fécales et les résidus végétaux.
Les modalités de prise de ces préparations varient d’un produit à l’autre. En général, ils sont à prendre la veille au soir, ou pour moitié la veille au soir et pour moitié le matin de l’examen. Respectez scrupuleusement les indications de la notice du produit ou de votre médecin quant aux heures et aux volumes de prise.
Le volume de produit à ingérer varie selon les produits (entre 2 et 4 litres), ainsi que les parfums. Discutez-en avec votre médecin ou votre pharmacien.
 
           Les préparations à base de laxatifs

Ces préparations peuvent contenir soit des laxatifs stimulants (qui agissent en stimulant le transit intestinal), soit des laxatifs osmotiques (qui agissent en attirant et retenant l’eau dans l’intestin ce qui provoque une diarrhée), soit ces deux types de laxatifs associés.
Elles se présentent sous forme de sachets de poudre à diluer dans l’eau, de liquides concentrés à diluer ou de comprimés à prendre avec beaucoup d’eau. Ils sont administrés soit la veille au soir, soit la veille au soir et le matin de l’examen.
 
Quelle préparation colique choisir ?

Chaque préparation colique a ses particularités (volume total à ingérer, heures de prise, goût, possibilité de la prendre avec un liquide neutre en goût ou aromatisé, etc. ). Certaines nécessitent une prise au milieu de la nuit précédant l’examen.

Le choix d’une préparation colique dépend des préférences du gastro-entérologue qui va pratiquer la coloscopie, de votre capacité à boire de grandes quantités de liquide, des traitements que vous suivez (diurétiques, médicaments cardio-vasculaires, etc.), et éventuellement de votre âge et de votre état de santé (par exemple de l’état de vos reins ou la présence d’une poussée inflammatoire du côlon). Discutez-en avec lui, il vous présentera les options les plus adaptées à votre cas.
Lorsque vous aurez choisi ensemble, il vous précisera les modalités et les horaires de prise et vous remettra, le cas échéant, un livret illustrant votre préparation colique. Le plus souvent, la prise est fractionnée en une prise le soir et une prise le matin.

Carole, une patiente qui doit régulièrement subir des coloscopies depuis plusieurs années, précise : « Aujourd’hui, la préparation colique se passe très bien, il ne faut pas la craindre. Les nouvelles préparations sont bien plus agréables qu’autrefois, avec pour certaines un goût de citron et la possibilité de boire du jus de pomme ou un bouillon. C’est bien plus facile. »
 
Comment rendre la préparation colique moins pénible ?

Dans l’ensemble, la prise de la préparation colique n’est pas très agréable, même si des progrès considérables ont été faits pour la rendre moins difficile : nausées, plus rarement vomissements, maux de ventre, ballonnements, etc. Les patients qui font régulièrement des coloscopies ont développé quelques astuces qui pourront vous être utiles :

  • mélanger les produits de préparation avec de l’eau fraîche, mais pas glacée, pour diminuer la perception du goût, et les garder au réfrigérateur ;
  • boire la préparation avec une ou plusieurs grosses pailles pour « court-circuiter » le passage sur la langue et donc diminuer la perception du goût ;
  • se pincer le nez en buvant, de nouveau pour réduire la perception du goût ;
  • se rincer la bouche à l’eau ou se brosser les dents sitôt la préparation avalée ;
  • faire précéder la prise de deux ou trois cuillerées d’huile d’olive pour « masquer » les papilles gustatives.

De plus, il peut être utile d’acheter des lingettes pour les fesses de bébés pour éviter les irritations de l’anus avec le papier toilette.
 
Les autres précautions avant la coloscopie

N’oubliez pas de prévenir votre médecin si vous souffrez ou avez récemment souffert d’un problème de santé même mineur (rhume, problème dentaire, grippe, fièvre, etc.).
Attention, certains médicaments ne sont pas compatibles avec la coloscopie, en particulier les médicaments qui freinent la coagulation du sang (les « fluidifiants du sang »), ou ceux qui ralentissent le transit intestinal. Parlez-en avec votre médecin au moment de la prise de rendez-vous, il est possible qu’il vous demande d’arrêter votre traitement une dizaine de jours avant la coloscopie.
 
Pour en savoir plus

« Référentiel de pratiques pour la prévention et le dépistage du cancer colorectal », Haute Autorité de Santé, juin 2013.
« Comment se déroule une coloscopie ? », L’Assurance Maladie, mai 2015.
« La coloscopie », Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE), 2009.

Consultez également nos articles :
-       La coloscopie, pour qui, pourquoi ?
-       La coloscopie en pratique
-       La coloscopie virtuelle (coloscanner)


Cet article a été réalisé avec le soutien institutionnel du laboratoire Norgine Pharma.